Notre Histoire

Romans possède un passé riche de succès, d’anecdotes et de péripéties aéronautiques dont les prémices se situent aux alentours de 1903, à l’époque où un dirigeable militaire survole le champ de manoeuvre des Bérauds, à l’Est de la ville (emplacement de l’actuelle entreprise CERCA) pour surveiller les exercices d’infanterie qui s’y déroulent.

Mais c’est l’année 1911 qui marque l’arrivée véritable de l’aviation à Romans.C’est en effet au terrain des Bérauds que la municipalité accueille, les 17, 18 et 19 juin, de « Grandes fêtes d’aviation » qui attirent une foule nombreuse et enthousiaste

l'Aeroclub de Romans 1911
Alfred LIGER sur monoplan VINET – Romans, 1911

Le temps des pionniers (1903-1930)

Les aviateurs Alfred LIGER, Emile OBRE et Marc BONNIER, présentent à la population leurs frêles monoplans en bois et chanvre et rivalisent d’audace pour s’attribuer les prix mis en jeu (hauteur, durée, distance…).

Comme un peu partout en France à cette époque, la ville de Romans compte aussi ses précurseurs en matière de constructeurs d’aéroplanes. Ainsi le jeune Fernand BERT, mécanicien passionné, entreprend la construction dès 1910, avec le garagiste CHAIX, d’une avionnette Type Blériot XI à moteur Anzani de 60 Cv. Le vol inaugural a lieu au Bérauds le 15 octobre 1912.

Jusqu’à la Grande guerre, plusieurs manifestations aériennes sont organisées dans le département à l’initiative des municipalités et des notables locaux, parmi lesquels Charles ARGOD-MOSSANT, influent patron chapelier. Il s’agît aussi d’une manière de manifester son patriotisme, en reversant une partie des recettes à l’aviation militaire balbutiante.

La fin du premier conflit mondial entraîne l’essor de l’aviation civile.Des centaines d’avions militaires sont bradés et de nombreux pilotes démobilisés rêvent de continuer à voler. C’est ce contexte qui va favoriser la naissance de l’Aéro-club de Romans.

La naissance de l’Aéroclub de Romans (1930-1936)

Au lendemain de la Grande Guerre à Romans, un petit groupe de fervents passionnés, mécaniciens ou anciens pilotes militaires pour la plupart, se rassemble pour tenter de continuer à voler (Georges VIOSSAT, BERTHOIN, VICTOURON, SAINT ANDRE, Victor BOIRON, François COSTE). Sous l’impulsion de Marcel ARNOUX, jeune industriel et avec quelques autres, ils fondent, dans le courant de l’été 1928, « l’Aéro-club léger de Romans et des environs ».

A ses débuts, le siège du club se trouve en centre ville, au café FAYET (actuel café central), l’accueillant « patron » étant bien-sûr lui-même pilote. Marcel ARNOUX en est le premier président, Charles MOREL, vice président avant que Paul CARA ne lui succède.

En 1930, une prime lancée par le récent Ministère de l’Air (créé en 1928) va favoriser un développement rapide des ventes d’avions aux particuliers. Une aubaine pour les jeunes fondateurs de l’Aéro-club : dès le mois de septembre 1930, un POTEZ 36 de 100 Cv, baptisé « Ville de Romans » est acquis par souscription.

Meeting aux Bérauds (Photo Archives Communales)

En 1935, des pourparlers aboutissent avec la société POTEZ pour installer une pompe à essence et une école de pilotage, avec pilote et mécanicien. Les avions deviennent de plus en plus nombreux à Romans. Les journaux locaux « Le Progrès » et « Le Petit Dauphinois » acquièrent leurs propres appareils.

On compte aussi le POTEZ 36 du photographe TALY, le FARMAN de Victor BOIRON, le CAUDRON « Luciole » de Marcel ARNOUX, et bien sur l’emblématique « Pou du ciel », comme tout club qui se respecte. Les conditions sont dès lors réunies pour que s’ouvre à Romans une section « Aviation Populaire ».

POTEZ 36 « Ville de Romans » en 1929 (Archives Aéro-club de Romans)

Un meeting est organisé le 28 septembre 1930 pour fêter la réception de l’appareil. C’est l’occasion pour le pilote VILLECHANOUX, à bord d’un SPAD 91/2 de 300 Cv d’offrir à la foule admirative les plus belles figures de l’acrobatie aérienne.

Les meetings se succèdent à Romans au cours des années 30. Les anecdotes et les péripéties aussi. Trains d’atterrissage faussés, saumons d’ailes endommagés… Un jour, le fameux capitaine SAINT CIERGE doit poser le POTEZ 36 en catastrophe sur les rives du Rhône après avoir accroché un bac à traille.

Ces fêtes donnent aussi l’occasion d’accueillir les fascinantes personnalités de l’époque : la célèbre Maryse BASTIE, le virtuose du manche à balai Jérome CAVALLI (Champion de France de voltige en 1938), mais aussi Maurice BELLONTE, le vainqueur du Paris-New-York sans escale avec Dieudonné COSTE.

Le champ d’aviation devient une attraction locale. Les efforts de l’Aéro-club ne sont pas pour rien dans cette popularité depuis que sont proposés des baptêmes de l’air. Les pilotes VIOSSAT, PEZANT, ARNOUX réalisent ainsi 425 baptêmes courant 1933.

L’année 1934 marque un véritable tournant dans l’histoire de l’Aéro-club de Romans : le terrain d’aviation se déplace des Bérauds au quartier des Chasses, son emplacement actuel.

Ce résultat est l’aboutissement de trois années de démarches auprès du Ministère de l’Air pour arriver à subventionner un véritable aérodrome sur les 20 hectares de terres données à bail à partir de décembre 1933 par les Hospices de Romans.

Deux tronçons de 500 m de lignes électriques sont détournées. Un hangar de 25 m sur 25 m est construit. L’eau et le téléphone sont installés. Le terrain est nivelé et balisé sur une surface de 500 sur 600 m.

Les belles heures de l’Aviation Populaire (1936-1939)

L' »Aviation Populaire » est créée en 1936 par le ministre de l’Air Pierre COT. Elle repose sur deux principes : la gratuité et la sélection. Les jeunes de 18 à 25 ans, possédant le Certificat d’Etudes, peuvent prétendre s’insérer dans la section Aviation Populaire de leur choix moyennant une inscription de 10 frs.

La section « Aviation Populaire » de Romans est inaugurée dès 1936 sous la présidence de Marcel ARNOUX. Dans un premier temps, Georges PEZANT et Firmin GUIRON assurent les fonctions de moniteurs sur POTEZ 60. A partir de 1937, Albert PERENON est affecté par le ministère de l’Air comme Chef-pilote moniteur et responsable des « cours d’enseignement aérien » qui sont proposés aux jeunes chaque année par sessions.

Pierre CADILLAC (martyr du Vercors, massacré à la grotte de la Luire en juillet 1944) assure l’instruction aéronautique générale tandis que Fernand BERT devient chef-mécanicien. Romans dispose alors d’un CAUDRON « Luciole », avion simple et peu coûteux, devenu emblématique de ces années, d’un POTEZ et plus tard d’un SALMSON « Cri-Cri ».

Parmi les élèves formés, certains s’illustreront pendant la Deuxième Geurre mondiale : André COTTE, trouvera la mort pendant la campagne de France comme pilote de chasse. Henri Grimaud, As de l’aviation de chasse et grand résistant, sera tué alors qu’il défendait le village de Vassieux lors de l’arrivée des troupes aéroportées allemandes.

Le Club en 1936
La guerre met un coup d’arrêt brutal à toutes les activités de l’Aéro-club.

Le hangar se vide. Les appareils de la « Popu » sont convoyés à Albi, alors que les POTEZ 60 et CAUDRON « Luciole » de FAYET et ARNOUX sont démontés et cachés dans les fermes des environs pour les soustraire à l’occupant. Ce sont notamment ces avions qui serviront au moment de la libération à la renaissance du Club.

Juin 1954
Planeur et Tiger Moth

Côté vol moteur, on retrouve les anciens POTEZ 60 et CAUDRON « Luciole », réminiscences de l’Aviation Populaire, mais aussi un STAMPE et même un BUCKER 181. L’entretien mécanique est assuré par Rudy NICKEL, qui installe un atelier à partir de 1952 pour recevoir les avions à réviser.

Georges GUIRAND accompagné d’une naïde

En 1952, le Docteur Georges GUIRAND, élu Président, apporte un élan nouveau au Club. Ses talents d’organisateur font merveille pendant toute la durée de son mandat.

Le renouveau après la guerre

Fernand TROLLAT devient le premier président après guerre. Il passera la main en 1948 à BARTHELEMY. Ces premières années sont marquées par la personnalité enthousiaste et les immenses qualités de moniteur d’Albert PERENON, ancien pilote militaire charismatique qui restera Chef-pilote jusqu’en 1967 (22.000 heures de vol). Déjà présent à Romans depuis 1937, il participe activement au redémarrage du club.

Paul DEVAL et Fernand BERT remettent en état le parc des appareils. TORRENT, BOUVIER, JAUBERT, ROUX, COMBAREL, PILON, les rescapés de la Section « Aviation Populaire », reforment le noyau dur du Club.

L’essence étant rare et chère, l’activité planeur permet de voler à nouveau à moindre frais. Un C800, un CASTEL ainsi qu’un EMOUCHET composent en 1948 le parc vol à voile. Le remorquage se fait d’abord au moyen d’un treuil réalisé par Fernand BERT à partir d’une vieille voiture américaine. Un TIGER-MOTH, puis un FIESELER-STORCH, prendront la relève pour le remorquage.

Marcel CAUCHARD (Archives J-P FHAL)
Marcel CAUCHARD et Rudy NICKEL en plein travail de précision

A partir de 1954, il est aidé de Marcel CAUCHARD, qui deviendra très vite une autre figure incontournable de l’Aéro-club à cette époque.

1960 – 2000

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Pluvieuse inauguration (Photo Alain COUSTAURY)

Henri COMBE lui succède et restera président jusqu’en 1972. Authentique passionné d’aviation, il apporte lui aussi une contribution précieuse et de nombreuses réalisations. Les bâtiments actuels de l’aéro-club, qui se composent d’un bureau, d’un restaurant ainsi que d’un centre d’hébergement, sont inaugurés au début des années 60 en présence du Préfet Maurice HERZOG.

L’association Aéro-club de Romans

L’association « Aéro-club de Romans » est alors répartie en plusieurs Sections (Vol Moteur, Planeur, Aéromodélisme), comprenant pour chacune un responsable. A cette époque, l’activité vol à voile reste encore dominante par rapport au vol moteur.

Le terrain de Saint Jean-en Royans (qui ne constitue pas encore un Aéro-club distinct de Romans), accueille l’été des stages de vol à voile qui réunissent dans la bonne humeur de nombreux jeunes romanais autour des planeurs EMOUCHET, C 800 et AV 22. Rudy NICKEL est aux commandes du FIESELER-STORCH, l’avion remorqueur.

Un charme désuet (Photo Archives Communales)

Le début des années 1970 marque une étape nouvelle : le parc avion (Bébé Jodel et D 112 accumulant les heures de vol) est devenu vétuste. Les efforts ont jusque-là porté essentiellement sur le vol à voile.

Il s’agît maintenant, sous la houlette des présidents Henri COMBE et Bernard ALLEMAND (qui lui succède en 1972), de moderniser les appareils et le fonctionnement du vol moteur. Les avions ROBIN font leur entrée au club avec d’abord un DAUPHIN en 1969 puis un REGENT en 1973.

L’entretien du parc est confié en exclusivité à Rudy NICKEL de façon à en assurer un suivi parfait.

Rudy NICKEL à bord du bébé Jodel (Archives J-P FHAL)
D 119, Ambassadeur et Morane Saulnier 317 (Photo Alain COUSTAURY)
Stage planeur à Saint-Jean, vers 1960 (Photo Alain COUSTAURY)

Marcel CAUCHARD et René ASTIER, les « mécanos » sont là pour entretenir et réparer les mécaniques, parfois mises à mal, par les élèves-pilote. Marcel CAUCHARD sera d’un dévouement exemplaire et consacrera au Club d’innombrables heures jusqu’en 1972.

Le terrain vers 1960 (Photo Alain COUSTAURY)
Jeanne RIFFAULT à ses débuts puis aux cimes (Archives J. RIFFAULT)
Jeanne RIFFAULT (Archives J. RIFFAULT)
A partir de 1978, les sections qui composent l’Aéro-club de Romans (vol moteur, planeur, aéromodélisme) acquièrent une autonomie de gestion. Le rôle de leurs responsables respectifs en est renforcé. La section Vol moteur va voir se succéder Alain MARION puis Bernard LESPAGNOL de 1982 à 1986, Maurice GAILLARD jusqu’en 1990, enfin Jeanne RIFFAULT.

Jacques CLEMENT est élu président en 1982. L’école compte alors trois instructeurs bénévoles : REGACHE, CHAPUIS et FAURE, auxquels s’ajoute Bernard KEMPF en 1984 et cinq avions : JODEL D112, RALLYE MS 880, CESSNA 152, ROBIN D 140 Mousquetaire et CESSNA 172 RG.

En 1985, Rudy NICKEL et Pierre COHET sont à l’origine de la création d’une section vol montagne qui sera arrêtée en 1990 faute d’activité suffisante.

En 1986, Michel HERY succède à Jacques CLEMENT. 1988 est une année record pour le club avec 2354 heures de vol. A l’instruction, on trouve l’infatiguable François VERON et bientôt René ROMERO, qui apporte au Club ses bonnes blagues, son pilotage rigoureux d’ancien de l’aéronavale et surtout sa redoutable devise : « la liberté autant que possible, l’autorité autant que nécessaire. » Le RALLYE vieillissant est remplacé par un ROBIN ATL. Un BEECHCRAFT Bonanza 33 complète la flotte.

L’année 1998 apporte sa moisson de nouveautés : les sections deviennent désormais des Associations indépendantes. Jeanne RIFFAULT, inscrite au club depuis 1978, devenue secrétaire puis responsable de la Section Vol Moteur, sera la première Présidente de la nouvelle « Association Vol Moteur ».

Michel HERY prend la présidence de « l’Union »  qui regroupe les associations présentes sur le terrain des Chasses. C’est aussi cette année là que le vol moteur sable le champagne pour fêter deux nouveaux venus qui contribuent à relancer l’école de pilotage : l’un est en bois et toile et c’est un rutilant Robin DR 400 «2+2» de 120 Cv, acheté neuf.

L’autre a l’étoffe des plus talentueux : c’est Jean-Claude GUICHARD, qui s’ajoute à la fine équipe d’instructeurs formée par René ROMERO, Bernard KEMPF, Pierre PIQUES, François VERON et Jean-Marie FLEURIOT.
Commandant ROMERO sur la passerelle (Photo N. BLANCHY)

2001 - 2007

En 2001, le Club est endeuillé par le tragique accident de planeur d’un de ses membres les plus actifs, le regretté Maurice LAPASSAT.

L’équipe des instructeurs se resserre autour de René ROMERO et Jean-Claude GUICHARD. Gilbert RINALDI mène à bien la modernisation des programmes informatiques du Club.

En 2007, Jeanne RIFFAULT passe le relai de la présidence à Frédéric ARBOGAST actuellement en fonction et qui semble lui aussi avoir une devise inspirée de J.F KENNEDY : « Ne te demande pas ce que ton Club peut faire pour toi, mais ce que tu peux faire pour ton Club ». A méditer…

Recherches et texte : Nicolas BLANCHY. Que soient remerciées toutes les personnes ayant apporté leur aide dans l’élaboration de cette page histoire : Alain COUSTAURY, Paul MATHEVET, M. OLLIVIER-DRURE et M. JACQUOT des Archives Communales de la Ville de Romans, Jeanne Riffault, Jean-Pierre Fhal, Antoine MULLER.

Jeanne RIFFAULT à ses débuts puis aux cimes (Archives J. RIFFAULT)
Sources bibliographiques
  • Histoire de l’Aviation en Drôme-Ardèche, Paul MATHEVET. Editions et Régions, Valence 2006
  • Des aérostats à la fusée spatiale dans la Drôme, Revue Drômoise. Décembre 1983
  • Almanach du Bonhomme Jacquemart (1911 à 1938), Archives Communales de la ville de Romans
  • Registre des Délibérations du Conseil d’Administration de l’Aéro-Club de Romans (1972 à 1991)
  • Coupures de presse (L’Impartial, Le Dauphiné Libéré, …)